Marie Frier, artiste plasticien, dessin, audio, video, volume, expositions, art contemporain, drome, rhone alpes, img corbeau
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Les Itinerrances à Valence, Acte II : Marie Frier
interview pour "Art et musique en Drôme.com" par Nicolas Pelurson -  mai 2011

 

Marie bonjour, que c’est-il passé pour toi depuis 2005 et l’Ecole régional des Beaux-arts de Valence ?

Bonjour Nicolas. Et bien il s’est passé pas mal de choses depuis ma sortie de l’école. D’abord j’ai continué à produire, ce qui n’est pas toujours évident quand on se retrouve brusquement hors du « cocon » idéal d’une école d’art, et puis assez vite, grâce à des soutiens comme celui de l’Institut d’Art Contemporain de Villeurbanne, j’ai eu la chance d’exposer dans de grands lieux rhône-alpins de l’art contemporain comme le MAC Lyon par exemple et de faire ma 1ère exposition personnelle au Musée/Château d’Annecy. Tout ça a donné une visibilité indéniable à mon travail, met en confiance, donne plus de « poids » lorsqu’on démarche des lieux d’exposition et accessoirement m’a fait intégrer les artistes de la Galerie Sandra Nakicen de Lyon.

 

Peux-tu nous parler de ton travail artistique, de ta démarche ?

Mon travail a pour base le dessin et le son. Je suis assez boulimique avec le dessin, j’ai toujours besoin de gratter du papier ou ma palette graphique. C’est pour cela que j’en suis venue à réaliser des vidéos, pour la quantité de dessins à produire, le jeu de les faire évoluer, le mouvement… c’était assez ludique pour moi. Et puis ce support me permettait d’intégrer le son. C’est un autre rapport aux sens, je suis très sensible à l’environnement sonore en général. Dans les vidéos, il impose un rythme, une couleur ; il n’est quasi jamais là en guise d’illustration sonore des images et pourrait avoir une vie complètement indépendante, même si au final les deux sont cohérents.
Evidemment, mon intérêt pour la mise en espace - tant des objets que du son – a fait que ces vidéos se sont vite retrouvées montrées sous formes d’installations ; pour exemple mon projet de diplôme consistait en un grand habitacle de polystyrène en forme d’igloo, dans lequel le spectateur entrait et s’allongeait afin de visionner les images projetées sous la voûte telle une trouée dans l’espace, et se laissait englober par un son diffusé de façon circulaire par 4 haut-parleurs.
Le contenu de mes productions tourne autour d’un bestiaire varié (même si l’oiseau et le singe ont une place privilégiée), d’un imaginaire, d’une vision personnelle de l’histoire de l’art… C’est assez divers, tant sur le fond que la forme, cela va de l’installation sonore (par exemple, un train électrique qui diffuse du son en traversant les différentes pièces d’un lieu d’exposition, et même ses murs !), à un travail de volume (j’ai commencé une série d’animaux « sans queue ni tête » qui est un écho à des dessins du même nom) en passant par la performance ou le dessin… en fait je suis très polyvalente au niveau des médias utilisés ; je suis curieuse et ne me brime pas à rester trop fidèle à un outils, souvent je parle de « mixed art ».
Et puis tout cela est traité de façon assez drôle et légère, on pourrait peut-être penser trop, mais il faut un peu gratter la surface pour percevoir les subtilités et parfois les enjeux de certaines réalisations.
Au final, le mieux pour se faire une idée est sans doute d’aller jeter un œil sur mon site http://mariefrier.free.fr, tout y est !

 

Il me semble que la musique a une part importante également dans ta vie, pourtant dans ton travail elle ne ressort pas spécialement, tu préfères parler de sons. L’Art multimédia en France se serait il enfin démocratisé ?

Je ne sais pas si l’art multimédia s’est démocratisé mais le fait est qu’il est très présent dans la création contemporaine.
Sinon oui, la musique est importante pour moi ; la nommer comme telle ou comme « son » n’a finalement guère d’importance. Peut-être est-ce plus simple de dire « son » lorsqu’on évolue dans un milieu d’arts plastiques ? Peut-être aussi qu’étant autodidacte dans ce domaine-là, cela me met moins de pression face à des musiciens de formation sur des questions techniques d’harmonies ou de construction musicale… ? Personnellement j’y vais au ressenti, à l’écoute, à la texture sonore. En fait je fais (au sens de produire) car ça m’est nécessaire.
Je collabore par ailleurs à de nombreux projets musicaux très divers (des formations électriques post punk, un orchestre « asie-muté » de musiques traditionnelles, rock brut, jazz libre, groove… confrontant les sonorités d’un gamelan balinais et d’instruments occidentaux, un solo d’accordéon… …) toujours motivée par une curiosité sonore et l’envie de m’y coller ! Mais tout ça c’est peut-être une autre facette de ma vie.

 

Tu es de Crest, tu vis à Valence, tu as donc certainement constaté comme moi une certaine pauvreté d’expositions dans la Drôme. Comment expliquerais-tu cela ?

Et bien sans vouloir te contrarier, je ne suis pas d’accord avec ton constat. Il y a de nombreuses expositions dans la Drôme qui ne se bornent pas au redondant Cathelin ou autres « marronniers » locaux ; il faut certes être équipé d’une automobile pour s’y rendre car elles se trouvent souvent dispachées sur l’ensemble du département mais/et c’est tant mieux pour la proximité avec le plus grand nombre. Le centre des Adhémars de Montélimar, Angle art à Saint Paul, les châteaux de Suze-la-Rousse et de Grignan, des galeries privées comme Linart ou d’autres, la collection du FRAC qui est régulièrement diffusée par l’IAC dans la Drôme…  et pour l’agglomération valentinoise Lux, Art 3, le musée de Valence hors les murs, la galerie Pôle sud du lycée du Valentin, l’ERBA et j’en oublie sans doute. Pour les lieux non institutionnels, le Quai de Pont-de-Barret propose tous les mois des expos de qualité sur un gros week-end de trois jours. Aprés, il est vrai qu’à Valence les lieux pourraient être plus nombreux, on aimerait plus de propositions vue la taille de l’agglo et le public qu’elle draine… mais le problème ensuite est de proposer des lieux qui soient à la fois intéressants pour les artistes, et à la fois accessibles aux visiteurs dans de bonnes conditions. Il ne faut pas oublier que le travail de médiation dans des expositions d’art contemporain est absolument capital ; les gens se retrouvent parfois en complet rejet d’une œuvre car sans outils pour appréhender un médium qui leur est inconnu, et dans ce cas-là c’est double échec : pour l’artiste qui n’a pas su transmettre et pour le regardeur qui complexe de passer à côté et de « ne pas comprendre » (ah, si les gens faisaient un peu plus confiance à leur ressenti !).
Enfin, je m’égare mais pour répondre à ta question, évidemment que plus d’expositions me raviraient mais l’offre est loin d’être ridicule et les propositions sont choisies avec soin par des commissaires ; après c’est aussi une histoire de goût.  Mais c’est vrai que la plupart de ces institutions drômoises ne font pas forcément l’effort de programmer des jeunes artistes locaux alors qu’ils sont nombreux et ont une production variée et souvent de qualité. C’est aussi un peu pour cela que le projet des « itinérances » a vu le jour.

 

Peux-tu nous parler de ce que tu vas exposer lors de l’exposition « Les itinérances du poisson rouge » ?

Je vais présenter une vidéo un brin fantaisiste (Sans titre (Oisive)), à la fois légère et inquiétante de par son rythme, ses enchaînements « narratifs » et l’audio qui les accompagne. C’est un objet qui s’inscrit dans la continuité de mes productions audio-visuelles, un mélange généreux de dessin et de son dans une technique brute, primaire… en gros, un film d’animation punk (!) dans sa forme. C’est une vidéo assez courte dont le format se prêtera bien à une exposition déambulatoire comme « Les itinérances des poissons rouges ». C’est un  événement qui se passe à Valence, organisé par l’association du même nom présidée par Lucile Chemarin, une ancienne étudiante des Beaux-arts de Valence et qui fait cette année sa deuxième édition. Cela consiste en une exposition d’art contemporain d’une vingtaine d’artistes dans divers lieux de la ville, à des rencontres avec les exposants, à des soirées dédiées à la danse, au cinéma, à la performance… Le but premier de Lucile était de faire sortir les artistes et leur production de leur atelier (ou de leur « bulle », d’où les poissons rouges…) et de proposer une monstration publique, une rencontre avec les gens, une discussion… bref de rendre la création artistique vivante et perceptible au plus grand nombre.
Un catalogue d’expo est édité à cette occasion afin de faire trace et aussi pour donner quelques « clefs » aux visiteurs pour appréhender les œuvres exposées. C’est un événement assez chouette, avec une bonne ambiance, un panel des médias de l’art contemporain assez complet, des lieux ouverts au public auxquels on n’a pas accès le reste de l’année… L’expo débute ce vendredi 10 juin en soirée à la salle des clercs, à Valence. Toutes les infos bonnes à savoir sont sur le site des « itinérances » sur http://lesitinerrances.fr/
On vous attend nombreux !

 

 

 
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